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ALOHA!

Le 24 Juillet nous nous sommes qualifiés pour la finale du championnat du monde distance Ironman en groupe d'age. 

Jean Baptiste: M30-34, Emmanuel M40-44 et Fabrice M45-49.

Ce blog est pour vous, parents, amis, copains d'entrainement, collègues, et tous ceux à qui nous parlons si souvent de Triathlon et surtout de celui d'Hawaï.

Le 08 octobre 2011, nous serons 3 copains au départ de l'ironman à Kona, venez partager notre passion et cette experience avec nous !

 


Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 22:03

Hibiscus

 

 

Merci à tous nos supporters, partenaires, familles et amis... cette aventure est terminée, mais il y en aura certainement d'autres

 

 

 

The end

Par hawai2011
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Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 21:13

Bon, et bien comme souvent, je suis le dernier à livrer mon compte-rendu. Trop de choses à mettre dedans sans doute et beaucoup de fatigue qui ressort dans cette période de repos post-IM.

Cette année, nous sommes arrivé sur place à 3 athlètes, avec JB et Fabrice, plutôt de bonne heure puisque nous sommes sur place depuis le jeudi soir. Cela nous laisse 7 jours plein d’acclimatation. Le voyage a été long, bien sur, mais sans problème particulier, et on finit par s’habituer. J‘arrive à Kona en terrain connu, et toute la semaine je retrouve des lieux qui commencent à m’être très familier. J’imagine Tonio et Dany, ils doivent avoir leurs chaussons cachés quelque part au Pier .

 Cette année, j’ai décidé d’aborder la course le plus tranquillement possible, sans me mettre de pression exagérée, ce qui ne m’avait pas trop réussi en 2009. J’ai fait une bonne préparation, et je me sens en pleine forme, tout devrait donc bien se passer.

Malheureusement, je ne vais pas réussir à rester aussi zen bien longtemps. Déjà la veille du départ, une douleur à l’œil m’a obligé à passer la soirée aux urgences. Rien de grave, une petite blessure de la cornée, mais je dois traiter çà au plus vite. Du coup pas de dernière soirée en famille ni de repos avant le long voyage, mais seulement 4 petites heures de sommeil pour me mettre en condition.

Arrivé sur place, la douleur a disparu, mais j’ai beaucoup de mal à encaisser le décalage. Après 3 autres nuits à ne dormir que 4 heures, j’arrive à me recaler, et surtout à combler le déficit de sommeil en allant me coucher en même temps que Mahé, avec aussi des petites siestes réparatrices bienvenues.

Au niveau des entraînements, ce n’est du coup forcément pas terrible. Plutôt bien en nat, et correct à pied, j’ai par contre du mal à vélo. : pas de force dans les jambes, pas à l’aise en position, je me fais régulièrement lâcher par JB – mais il est jeune, mon amour-propre résiste – mais aussi par Fabrice (et là aucune excuse en vue ). Pas grave, ça va revenir pour la course ….

A J-3, j’ai récupéré mon déficit de sommeil, mais je commence à avoir mal aux dents, celle soignée 15 jours avant, et à J-2 se réveille une vieille habitude, perdue depuis bientôt 1 an : une petite otite externe à gauche, pas handicapante, juste douloureuse. Et pour couronner tout ça, les séances vélo dans le vent violent ont rouvert la plaie cornéenne, et je ferme l’œil la moitié du temps. Il va sans doute être vraiment temps de se mettre au repos, ça craque de partout.

Du coup, çà commence à être  vraiment dur de garder la zen attitude, d’autant qu’à Kona, en particulier au Pier, on est en plein dedans. Que du lourd par ici, pas de quoi se sentir décontracté, les autres n’étant visiblement pas là pour rigoler. J’avais été impressionné il y a quelques années par le matériel  dans les parcs à vélos d’IM, mais ici je n’ai pas vu de cadres autres que de chrono, et les 404 sont visiblement le minimum pour avoir le droit d’entrer. Quelques irréductibles résistent encore au casque aéro, mais on sent bien qu’il s’agit d’un combat d’arrière garde .

Malgré tous ces petits désagréments, je reste sur mes objectifs initiaux : avant tout me faire plaisir, et pour y parvenir, essayer de gérer ma course de façon à pouvoir courir un marathon propre jusqu’au bout.

 Je vais donc essayer de rester tranquille en natation et en vélo, ce qui au niveau chronométrique devrait se traduire par des temps aux alentours de 1h05 et 05h15. En 2009 j’ai nagé en 1h07 et roulé en 5h16, avec des crampes tout du long en nat et un gros coup de moins bien après Hawi en vélo. Pour cette année, je vais juste viser plus ou moins les mêmes temps, en espérant sortir beaucoup plus frais de façon à courir si possible mon meilleur marathon. Pour le marathon justement, sur une course « normale » j’aurai dit 3h15, mais ici, vu le dénivelé et la chaleur, il faudra rajouter 5 à 10’ pour un petit 3h25 donc. Les transitions ici sont aussi un peu longues, et je compte 8’ pour les 2, pour un total de 09h53 … coïncidence stupéfiante, c’est le temps de Tonio en 2010 ! Je vais tâcher de courir en 3h24 .

Comme d’habitude, plus nous nous rapprochons de la course, plus les journées sont longues. A J-2, une petite heure de vélo seulement puis plus rien jusqu’à la pasta party du soir. Bon début avec grosses assiettes de pâtes et danses folkloriques (avec aussi bien sur les discours obligés et convenus des dirigeant de la WTC sur le thème « vous êtes vraiment formidables … », et son cortège de petites histoires, de celles qui devraient nous faire couler une larme).  Lors du classique, «levez-vous ceux qui sont déjà venus plus d’une fois …», on se rend compte qu’Hawaii est surtout une course d’habitués. Les rookies ici ne représentent pas plus d’1/4, peut-être 1/3 des participants. Le speaker ne s’y trompe pas d’ailleurs, en n’appelant que par paquet de 5 années : « qui est venu 1 fois, 5 fois, 10 fois… 25 fois », et jusqu’à 27 d’affilé pour la légende Ken Glah, toujours présent, et qui ajoutera une 28° médaille de finisher à sa collection cette année.

La soirée tourne un peu court lorsque la pluie s’invite, discrètement au début, puis violemment, nous obligeant à lever le camp avant le briefing prévu en fin de soirée.

C’est en rentrant, en train de lire l’athlète guide pour me faire mon petit briefing perso, que j’ai la surprise de voir débarquer Laetitia, sensée être à Paris avec les enfants. Elle vient de faire 25 heures d’avion, juste pour être au bord de la route pendant la course, et repart avec nous dès le lundi soir. 50 heures d’avion, 2 fois 12 heures de décalage horaire, 3 1/2 jours sur place. Grosse fatigue en perspective pour elle, mais cela fait vraiment plaisir de la savoir ici avec moi … je n’ai encore jamais couru d’IM sans ses encouragements, cela aurait été dommage de commencer ici.

Après un vendredi calme, avec juste quelques petits rappels dans les 3 disciplines et un dépôt des vélos fluide, après aussi une bonne nuit de sommeil, plutôt inhabituelle les veilles de course, nous voilà enfin au pied du mur.

Debout donc dès 04h00 du matin. Pas de difficultés à se lever, surtout que m’attend mon Gatosport favori. Je sais, cela fait souvent sourire, mais j’adore çà, alors autant en profiter. Nous sommes au marquage vers 05h, toujours aussi pro, avec des dizaines de volontaires et des tampons de compétition à toutes les tables. A 05h30 dans le parc, nous finissons de préparer les vélos à la lampe frontale (enfin celle du voisin).  A 06h00 environ tout est prêt, vérifié et revérifié. A 06h30, départ des pros. Un peu à l’écart avec Fabrice, nous n’entendons que le coup de canon. Cela ne nous concerne de toute façon pas vraiment.

 Nous croisons Sandrine et Jean-Michel qui malgré les dizaines d’IM à son actif, avoue une petite boule au ventre à moins de 30’ du départ de son premier Hawaii. L’émotion est même si forte que Sandrine y va de sa petite larme. Je suis heureux pour eux, et cela me rappelle la chance que nous avons d’être là, et le simple fait qu’il faut juste profiter de la course au maximum.

 Nat-Manu.JPGNous nous dirigeons ensuite lentement avec le flot des GA vers le petit escalier du Pier. Un dernier coucou à nos supportrices en rentrant dans l’eau, et nous gagnons chacun nos places, choisie pour ma part longtemps à l’avance : surtout pas collé à droite comme en 2009, je n’ai pas le niveau pour résister à la baston qu’il va y avoir là-bas, pas trop à gauche non plus pour ne pas rajouter 200 mètres. Pour les mêmes raisons, je me positionne en 2 – 3° ligne. J’ai même la chance de trouver une forte concentration de bonnet rose : je me place bien au centre, tant qu’à prendre des mains aux fesses, autant que cela soit par des jeunes filles, ce sera sans doute moins vigoureux .

A 07h00 pétante c’est le départ au canon. J’essai tout de suite de nager assez proprement, en évitant autant que possible les contacts. Ce n’est pas que je les redoute, mais on y perd beaucoup d’énergie, surtout ici où on ne s’échappe jamais avant au moins 2 à 3000 mètres. Ca se passe plutôt bien jusqu’à la 2° bouée. Pourtant dans une ligne droite, je m’aperçois que mon groupe s’est fortement rapproché de la corde – je me retrouve avec la bouée à moins d’un mètre sur ma droite – la bataille y est féroce. Tous les nageurs autour de moi sont passés en brasse, et nous sommes quasiment arrêtés. Je vois un concurrent devant moi passer sous l’eau et se faire « piétiner » à trois reprises par ceux qui le suivent. J’en ai même peur pour lui, les apnées sont plutôt longues, mais il repart normalement dès que le groupe s’écarte un peu.

Mis à part cet épisode, nous arrivons à nager relativement proprement et sans trop de coup, malgré quelques resserrements ponctuels, et ce jusqu’au demi-tour. Bien sur, à ce moment cela chahute encore pas mal. Bien que nous en soyons déjà à 1900 mètres, ce n’est pas décanté à mon niveau de la course.

Etant comme prévu resté plus ou moins sur la réserve à l’aller et les sensations n’étant pas trop mauvaises, je me décide à accélérer sur le retour. Malheureusement, même si je n’ai aucun mal à dépasser les nageurs qui m’entourent, je n’arrive pas à franchir la muraille de pieds et de coudes sur laquelle je n’arrête pas de buter peu après. Après quelques tentatives de passage au centre, je tente de déborder par la gauche, en eau libre. Malheureusement, de ce côté il n’y a plus personne pour me faire la navigation, et ce que je gagne en vitesse, je le perds rapidement en zigzag. Après 2 essais peu concluants, je réintègre la bande de nageurs à la corde pour prendre mon mal en patience. Sur cette portion de 1000 mètres du début du retour, j’aurai doublé le même nageur (combi noire et blanche, lunettes fumées, grosses cuisses …non, non ce n’est pas Fab) 7 fois … pour rien.

Je me contente donc de suivre le flot en regardant le fond. Cela me permet de remarquer toute une bande de dauphins qui croisent notre route en profondeur, dont une mère et son petit. Décidé à être positif toute la journée, je prends çà comme un bon présage pour la suite (mais non je ne suis pas superstitieux … chacun sait que cela porte malheur).

C’est un petit peu surpris d’être déjà arrivé que je vois la jetée à l’occasion d’une respiration à gauche. Je sors de l’eau bouche fermée, vraiment pas entamé. Je jette un œil à la pendule en passant : 1h06. Pas terrible, mais je m’en doutais bien sur. Cela ne fait qu’une minute de perdue, ça se rattrape.

Sous la tente c’est l’embouteillage. Il fait noir, le sol est détrempé, je ne trouve pas de chaise où m’asseoir. Du coup j’enfile juste mon dossard, et je prends chaussures et chaussettes à la main pour les enfiler plus loin. Ca me permettra de garder les pieds secs sur le vélo. Je passe en courant devant une table de ravito, coince mes chaussures sous le bras gauche, garde mes chaussettes sèches dans la main, attrape un verre d’eau de la main droite, prend une gorgée pour rincer le sel, et la recrache … sur les chaussettes. Bien vu. Finalement sans doute pas si lucide que ça.

Velo-Manu.JPGEnfin tout ça n’est que de la mise en bouche et le plat principal se présente maintenant. J’ai pour consigne de partir sur un bon rythme pour rester dans la course, sans pour autant me mettre à fond dans la partie en ville en aller-retour sur la Kuakini Hway, puis de prendre rapidement mon rythme de course dès le retour sur la Queen K. En termes de fréquence cardiaque, cela signifie, plus ou moins 145 puls dans la première partie, puis redescente sur 130 – 135 puls pour la suite. Je pars donc plutôt gentiment, surtout attentif aux autres coureurs, très nombreux dans cette partie de la course. Dès les premières montées, je me rends compte que les jambes piquent tout de suite. Comme on pouvait s’y attendre au vu des entrainements des derniers jours, je n’ai pas des jambes de feu. Les puls ne montent guère au dessus de 135, très bas pour un début de course et signe de toutes petites jambes. Pas grave, le moral n’est pas touché et pas besoin de grosses jambes pour un 05h15. Dès le début de la montée, Philippe Antony me dépasse. J’essai de prendre son rythme, mais j’y renonce rapidement préférant m’en tenir à ma stratégie initiale et temporiser. De toute manière, il court plus vite que moi.

En arrivant sur la Queen K., les sensations redeviennent un peu meilleures, surtout grâce au vent de dos, puissant. Quasiment en permanence sur le 54x12, je regrette de n’avoir pas opté pour le 11 dents. Les 50 km/h sont régulièrement dépassés, et dans ces conditions je ne me fais quasiment plus doubler. Après 1 heure de course, dont 20’ en ville avec une bonne petite montée, j’en suis déjà à 43 km. Toujours ça de pris, mais le retour va sans doute être plus compliqué.

C’est en général à ce moment de la course que l’on commence à rencontrer du vent défavorable, pour ne plus le lâcher jusqu’à l’arrivée. Cette année pourtant, pas de difficulté avant Kawaihae et le début de la montée vers Hawi. Du coup, le parcours n’étant pas encore très sélectif, de gros paquets se forment. Difficile d’être affirmatif, mais je n’ai pas l’impression de voir trop de « suceur de roue », la plupart des concurrents se retrouvant plutôt victime d’un état de fait.

 Comme la plupart des autres donc j’essaie d’être très attentif aux autres concurrents, à la fois pour éviter les écarts, réguliers, mais aussi pour éviter les sillages et l’abri. Bien que cela soit interdit, je suis régulièrement obligé de passer sur une troisième, voire quatrième file, et je mords la bande centrale à plusieurs reprise. Les arbitres, très présents ne s’en offusquent heureusement pas. Ils n’hésitent pas par contre à cartonner ceux qui ne semblent pas jouer franc-jeu, où même, chrono en main, ceux qui tardent un peu dans leurs dépassements. A chaque ravito, je compte au moins 4 à 5 personnes dans les penaltys box.

C’est dans cette portion que je vois passer Pierre-Yves, qui ne doit même pas s’en apercevoir. Il semble bien parti pour une belle perf à vélo (et effectivement il signera un 04h45). C’est aussi dans cette portion que je rattrape Sam Froger, qui comme moi temporise au maximum : même coach, mêmes consignes .

Heureusement, dès le début de la montée vers Hawi, nous retrouvons le légendaire  Ho’omumuku (le mistral local), cette fois bien présent. Dès que la difficulté s’accroît, les paquets se disloquent enfin, et la course redevient parfaitement claire.

Dans la montée je suis scrupuleusement les consignes du coach : « tranquille, pas trop d’efforts qui se paieraient plus tard ». Du coup je vois des paquets de coureurs – et de coureuses  - me déposer sans effort. Le seul que je double est un japonais dans une tenue à carreau, posé sur un vélo en bois .

Je vois passer Arnaud Constans dans la montée. Même pas le temps de l’encourager qu’il est déjà loin. Je me traîne vraiment.

J’ai eu beau chercher, je n’ai pas pu voir JB dans sa descente. Je me dis aussi que si Fabrice est bien et qu’il a décidé d’appuyer, il ne devrait sans doute pas être loin derrière au demi-tour. Je surveille donc, mais pas de Fabrice à proximité. Il doit donc avoir décidé de préserver son marathon.

Petite frayeur à la sortie du ravito avant la descente : je m’emmêle un peu entre les bouteilles que je jette, celles que je bois et celles que je me verse sur la tête, et je ressors du ravito avec juste une demi bouteille d’eau. Un peu juste, mais finalement sans conséquence.

Pour la suite de la course, les consignes du coach prévoient une descente rapide, concentré, en pédalant sur du gros braquet pour ne pas être trop le jouet du vent, puis sur le retour, maintenir le rythme. D’après CB, c’est là que l’on commence à récupérer les morts.

Je reste donc bien concentré sur la descente en mettant d’emblée le 54x12. Malheureusement, quand on dépasse les 60 km/h, c’est rapidement trop juste, et je dois interrompre le pédalage. Et bien sur, Christophe sait de quoi il parle, le vent en profite pour me balader de droite à gauche de la route. Du coup je renonce rapidement à rester sur les prolongateurs, et je fais une bonne partie de la descente mains sur les cocottes, penché en avant au dessus du cintre … ça pique les bras, mais c’est toujours mieux qu’une rencontre impromptue avec le bitume, qui elle fait mal aux dents :=).

Enfin de retour sur la Queen K. il ne reste plus qu’à rentrer, environ 60 km, dont 45 – 50 vent de face. J’ai maintenant le droit de me lâcher un peu. Bien que j’ai toujours du mal à conserver la position aero, je commence à remonter franchement. Je me soulage le dos et le reste dans chaque petite bosse en relançant en danseuse et il n’y a plus grand monde qui revient de l’arrière maintenant (il faut dire que tous les costauds sont déjà passés). Je vois pourtant une féminine avec écrit Michie sur les fesses me dépasser dans une bosse, assise, sur les prolongateurs, tout à droite, à 60 rpm. Un tank. Pas l’habitude quand même de me faire déposer par des féminines en GA.

Le retour est donc finalement plus agréable que l’aller, seul, à remonter les concurrents, bien concentré, pas fatigué. Je continue à être vigilant sur l’alimentation, et j’avale 1 gel tous les ¼ heure tout en buvant leur Iron Perform à chaque ravito, et en me vidant une bouteille d’eau sur la tête au passage pour bien refroidir la machine : le soleil est bien en place, et la température commence à monter.

Je pose finalement le vélo en 05h13, après 184,7 km au GPS. Je suis bien dans mes temps, et j’ai repris la minute perdue en natation. Je ne me sens pas du tout entamé : pour le moment le plan suit son cours, il ne reste plus qu’à être présent sur le marathon.

La transition étant très longue et puisque je n’enlève pas mes chaussures sur le vélo, je m’arrête dans un coin pour les retirer et courir pied nu. En me relevant (je m’étais pourtant soigneusement mis à l’écart), un allemand me fait sauter les chaussures vélo des mains, et passe sans s’excuser. Il m’a sans doute fait monter un peu les puls : je récupère mes chaussures, pique un mini sprint et le vire du tapis d’un coup d’épaule en lui expliquant ma façon de penser.  Je ne comprends pas sa réponse, mais ça doit être des excuses puisqu’il me laisse passer sans réagir … je me suis sans doute énervé pour rien. Du coup après avoir appliqué la Frank Attitude en nat (tranquille, profite de la glisse), la Tonio Attitude en vélo (le vent c’est dans la tête, plus ça souffle fort, plus tu souris), je vais partir avec la Chrissie Attitude sur le marathon (grand sourire accroché et coucous aux spectateurs).

Course-Manu.JPGEt dès les premiers pas, je n’ai pas à me forcer : les jambes vont bien, la chaleur me semble supportable et je suis content d’être là. Du coup le sourire apparaît tout de suite, ce qui déclenche les encouragements des spectateurs … qui entretiennent le sourire. C’est facile finalement. Je tâcherai de m’en rappeler après le 30° km .

Pas de problème donc sur Alii Drive. A chaque ravito je remplis ma casquette de glaçons, me verse un ou deux verres d’eau glacée sur la tête, et prend un ou deux verres de boisson énergétique, plus 1 gel tous les 2 ravitos. Pour le coca, ce sera ma récompense en haut de Palani road, pas avant. Tout ça prend bien évidemment un peu de temps, mais je veux à tout prix éviter le coup de chaud ou d’hypo, et assurer un marathon dans les 03h20 – 3h25, et je cours suffisamment vite entre chaque arrêt pour être dans les temps.

A l’aller sur Alii drive je croise Nico Hemmet, très concentré sur sa course, qui me fait un petit signe de l’index, discret, tout ce qu’il peut se permettre de distraire de sa course et j’admire sa concentration. Un peu plus loin DFF ne semble pas au mieux. Je ne repère pas Fabrice Houzelle, mais il doit être juste derrière puisqu’il le reprendra un peu avant l’arrivée. Par contre, surprise, je croise JB, aussi concentré que Nico, peu après. Si je ne me trompe pas dans mes calculs, vu où je le croise, il doit avoir pas loin d’1/2 heure d’avance sur moi. Comme je suis bien sur mes bases d’environ 09h50, il est facilement sous les 09h30, objectif « rêvé » annoncé quelques jours avant, d’autant qu’il va sans doute continuer à creuser l’écart (confirmation au demi-tour, il pointe à 26’ devant moi !).

Peu avant le demi-tour je croise aussi Arnaud Constans, à 4’30 devant : un peu loin pour chasser dès maintenant, mais pas trop loin pour ne pas espérer le revoir, même si à Val de Reuil il a couru plus vite que moi. On verra pour la suite.

Pendant le retour sur Alii Drive, je guette Fabrice. Je le croise environ 10 minutes après mon demi-tour, soit environ 20’ derrière : génial, lui aussi est en plein dans ses temps. Il a l’air bien, et peut donc viser autour de 10h15 si ça ne craque pas. Juste derrière je croise aussi Arnaud Bouvier et Jean-Michel Gardeux. La lutte va être chaude chez les V2 français .

Peu avant Palani road je rattrape « Michie » qui semble à la peine après s’être bien pourri les cuisses sur le vélo : Il y a quand même une justice :=). Pour la montée de Palani, je n’ai pas prévu de courir coûte que coûte : dès que cela deviendra dur, je marcherai tout en me refroidissant au maximum. En fait j’attaque la montée en petites foulées fréquentes, et me retrouve en haut sans même m’en être rendu compte. Les spectateurs sont là : Sandrine d’abord, puis Laetitia un peu plus haut. Je donne des conseils à une jeune fille qui semble déçu de marcher, et je la félicite pour sa perf actuelle, avant de m’apercevoir qu’il s’agit d’une pro, loin de ses perf attendues, et qui n’a sans doute pas besoin de mes conseils. Elle a visiblement eu des soucis en vélo et termine la course tranquillement au milieu des GA (Jackie Arendt, elle finira 22° pro en 10h21). Elle m’accompagne sur 1.5 km, puis me souhaite bonne chance, sans doute plus très concentré sur sa course.

En haut de Palani road commence le domaine de Pelée : champs de lave et bitume desquels s’élèvent des ondes de chaleurs qui brouillent la vue. Pas un coin d’ombre et pas un souffle avant Energy Lab, mieux vaut ne pas être entamé pour attaquer cet aller retour, sous peine de rester séché au bord de la route, à attendre que la nuit vienne rafraîchir l’ambiance.

Pour le moment, toujours pas de moins bien de mon côté et j’attaque la Queen K. en forme et pas en surchauffe. Ca me change des éditions précédentes où j’avais vécu des moments difficiles par ici. Je suis toujours sur le même rythme : course autour de 13 km/h et arrêt aux stands pour une moyenne maintenant autour de 7’40 au mile (4’45/km, 12.6 km/h). Rapidement je croise Faris Al-Sultan, qui en termine, visiblement éprouvé. Pas autant cependant que Chrissie Wellington, que je vois pour la première fois sans sourire et tête basse sur un marathon. Elle en termine bientôt et heureusement, car 2’ derrière pointe Mirinda Carfrae qui garde de son côté une très belle allure. En fait Chrissie battra le record du marathon en 2h52’41, et le conservera 2’, avant que Mirinda ne le batte en 2h52’09 !

Peu après je croise de nouveau Nico Hemmet toujours aussi concentré : si mes calculs sont bons, il devrait sortir une course sous les 09h ! (en fait il fera 09h03 … superbe quand même). Mais la réelle surprise vient de JB, pas très loin derrière Nico, et qui est sur des bases sous 09h15. C’est vraiment une course énorme !

De mon côté, j’arrive sans encombre au bout de la première ligne droite : j’aperçois les 2 miroirs d’Energy Lab en haut d’une dernière montée. Virage à gauche et descente vers le Pacifique, face à un petit souffle rafraichissant, toujours rien à signaler, tout va bien. Au demi-tour, je croise Arnaud avec qui je mesure l’écart à 4’. Je ne lui ai repris que 30 secondes en 25 km, et si je veux revenir il va falloir que j’accélère ou qu’il craque. Nous jouons quand même la place de 2° V1 Français (derrière Philippe Antony), ce n’est pas rien (bon, si c’est totalement insignifiant, mais il faut bien se trouver des motivations pendant la course). Pour tenter de revenir, me sentant bien je vais pour la première fois sortir de mon schéma tactique, qui prévoyait de n’accélérer qu’au retour sur la Queen K., pour augmenter le rythme juste après le demi-tour. Les jambes répondent correctement. Le retour vers la Queen K., en montée vent dans le dos est comme prévu étouffant. Je croise d’abord Arnaud Bouvier qui a repris Fabrice, juste derrière mais qui résiste toujours à Jean-Michel. Comme prévu, l’empoignade est sévère chez les V2 .

J’arrive sur la Queen K., peut-être 2 km après avoir décidé d’accélérer, et je sens que mes jambes commencent déjà à accuser le coup. Il me reste encore 9 km jusqu’en haut de Palani Road, puis encore 2 km plutôt en descente jusqu’à l’arrivée. Cela risque d’être un petit peu long.

Effectivement au fur et à mesure des montées et descentes j’ai de plus en plus de mal à maintenir le rythme ou à repartir après les ravitos. Je me concentre sur le sourire … important le sourire, ça veut dire même pas mal. Si j’arrive à m’en persuader, je pourrai peut-être accélérer. J’avais pour objectif sur cette portion de commencer à me lâcher, de continuer à bien m’alimenter et bien me refroidir, mais avec « la gnak ». Quelque part à mi-chemin sur la Queen K. j’ai perdu la gnak en question et j’ai renoncé à rattraper Arnaud, mais j’ai maintenant en tête le meilleur temps de Tonio ici, 09h53. Si je tiens à 12 km/h, je serai en dessous. Il ne faut pas craquer cependant. Je me rapproche insensiblement d’un français croisé un peu plus tôt sur Alii Drive, Ludo, à qui je reprends du terrain entre les ravitos, et qui repart à chacun de mes arrêts. J’arrive à faire la jonction peu avant la dernière côte. Il aime les montées et me reprend un peu de terrain dans la côte, tout en m’encourageant à m’accrocher. Je me connais bien, je sais que dès le sommet franchi je vais sentir l’écurie. Et effectivement, dès la bascule effectuée, j’accélère dans la descente, puis sur le plat jusqu’à Hualalai street, et enfin dans les derniers 400 mètres sur Alii drive. Jusqu’au bout je reprends des concurrents. Pas de sprint pour finir cependant et je termine seul sur le tapis, en 09h48, après un marathon en 03h21’29 meilleur temps sur marathon IM, record battu de 27 secondes !

Contrat rempli donc, course en moins de 10h00 en ayant couru mon meilleur marathon, pour une course agréable tout du long. Arrivee-Manu.JPGMagnifique perf aussi de JB en 09h11, 77° scratch, objectif largement rempli. Dommage quelque part qu’il doive ouvrir une parenthèse l’année prochaine, il est sans doute largement capable de passer sous les 09h00 et de faire des places vraiment intéressantes sur des parcours vallonnés. Enfin Fabrice de son côté aussi rempli largement tous ses objectifs en terminant en 10h12, largement avant la nuit, en ayant couru son meilleur marathon, et lui aussi 3° français de sa caté, devant Jean-Michel .

Aucune fausse note donc, et c’est quand même réellement exceptionnel. Jean-Michel de son côté veut revenir et faire moins de 10 heures. Pour ma part, pas de World Championship l’année prochaine, nous verrons en 2013, quand je passerai V2 :=). Je suis bien certains que Tonio va venir effacer mes 09h48 dès l’année prochaine. J’aurai alors ma motivation toute trouvée pour revenir .

En attendant place au repos pour moi.

Par hawai2011 - Publié dans : La course
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 08:55

Ironman world championship, Hawaii, 8 oct 2011 : comme dans un rêve !

Jamais mis autant de temps à sortir un compte rendu de course… comme si l’écrire signifiait rentrer pour de bon… J’aurais aimé rester sur mon nuage, continuer à vivre au pays des Bisounours… mais il faut bien redescendre sur terre…

« ll faut rêver très haut pour ne pas réaliser trop bas » (Alfred Capus, journaliste, romancier et dramaturge français).

Faire partie du top 100 était mon rêve secret, mon objectif tu et secrètement gardé, celui qui m’a animé tout le mois de septembre et poussé au cul pour que je me lève aux aurores tous les matins pour aller m’entraîner. J’avais calculé que sur la base des temps de 2008 (9h46 et 193ème), il fallait que je gagne 25 mn ce qui me paraissait proprement impossible. Mais c’était sans compter les « good vibes », les dieux Hawaïens, et mes deux étoiles qui m’avaient accompagné depuis Paris. Avec elles l’échec était impossible !

Les films d’Anne-Laure parlent d’eux-mêmes : acclimatation douce et paisible aux terrrrriiibleeees conditions hawaïennes… quel paradoxe ! De la houle les jours précédents ; un vent à décorner les bœufs qui m’aura permis d’envisager les pires scénarii de course sur la partie vélo et d’être au final agréablement surpris le jour J car ça soufflait « pas pire » ; une chaleur moite et étouffante en course à pied mais anticipée et travaillée à l’entraînement. J’étais prêt.

Comme tous les athlètes, j’ai atterri à Kona gonflé à bloc et prêt à en découdre. Puis je me suis pris mes claques à l’entraînement les jours précédents, me suis senti tout petit face à la démesure des éléments, ai ravalé mon ambition, revu mes objectifs à la baisse… Ce qui a naturellement conduit à une petite crise de confiance à J-2 dans le genre « je vais me faire retourner comme une crêpe ». Mais la surcompensation a encore conduit à un miracle puisque je sors encore LA course qu’il fallait le jour J.

Pour mon pote Javier, la chance n’existe pas à ce niveau. J’ai tellement aimé son mail que je vous le livre : « Pour avoir fait de la compétition [Javier a été cycliste Elite], je sais que la chance n’existe pas. Pour que toutes les conditions soient réunies et faire LA course, il faut gérer une équation vraiment complexe, avec plein de variables (entrainement, repos, technique, soucis du matériel, écoute de soi même, mental…). Cette équation ne donne sa valeur maximale que si les variables sont dans un équilibre, instable par définition. La vraie quête d’un sportif et de trouver cet équilibre et de l’exprimer au maximum le jour J. »

Pas faux. J’étais donc sacrément bien « équilibré » le jour J. Mais je suis également persuadé que j’ai une bonne étoile.

La course…

Ca faisait un moment que je n’avais pas autant flippé avant une course. En outre, j’étais très ému à 30mn du départ. Plus qu’à l’accoutumée, énorme envie de bien faire et de conclure cette saison 2011 en beauté. Et qui sait, peut-être dernier Hawaii ( ???), donc pas question d’être médiocre !

Natation

Quel niveau ! Malgré un départ rapide, je n’ai pu m’extraire de la masse et ai nagé «dans une rame de métro» jusqu’au demi tour. Faits marquants : beaucoup de coups pris, de la houle au large qui m’a «avalé» quelques mouvements de bras, une épingle à nourrice d’un poisson pilote mal fermée qui m’a «dévoré» le bout de l’index (pas bête comme anti-drafting), une dizaine de dauphins qui ont nargué la cohorte de nageurs à quelques mètres de fond… mais je ne les ai pas vus, preuve que j’étais dans ma course.

Sortie de l’eau en 1h02, bien loin de mon temps à Francfort (56’). Je suis de ceux que la combi avantage, moyen policé de constater que je ne suis pas un vrai nageur 

Bonne transition 1 en 2’30. Rapide vu la taille du parc.

Vélo

Gros rythme dès le début. 80km avalés en 2h. Waouh ! En revanche, je constate avec dépit que tous les triathlètes n’ont pas la même mentalité : ça drafte. Heureusement que les arbitres viennent cartonner de temps en temps et faire le ménage.

Je rencontre les premières rafales de vent dans la montée de Hawi mais cela ne me perturbe pas outre mesure : je reprends les paquets de drafteurs qui m’avaient distancé. Jouissif. Je grimpe bien et change régulièrement de position : sur le prolongateur, en danseuse et assis sur la selle en vélocité. Je pense à ma famille et copains pendus à leur PC à Paris. Ca me booste…

Demi-tour, ça va toujours. Je mets à profit les conseils de Tonio en m’alimentant et buvant abondamment car ça va secouer au retour avec des pointes de vitesse à 65km/h et un gros vent latéral : va falloir jouer l’équilibriste pendant 1 petite heure. Comme prévu, ça secoue. Je suis à deux reprises violemment déporté sur le côté de la route. Je croise Fafa qui lui monte vers Hawi et semble doubler un max de monde. Cool !

Un peu de stress lorsque je loupe deux ravitos coup sur coup : au premier je rate la boisson énergétique et ne peux saisir au vol que de l’eau ; au deuxième une bénévole me tend une bouteille… puis la retire au moment où je passe… sympa la blague ! Du coup, c’est double dose aux deux ravitos suivant : je me force à boire quasi entièrement un bidon d’energy drink à chacun d’entre eux.

Le vent souffle de 3/4 face sur le retour jusqu’à l’aéroport. Les écarts se sont faits et la route est clairsemée. Mes lombaires tirent, mais rien à voir avec la douleur de 2008. Le chrono laisse présager un bon temps et j’en viens à rêver d’un sub 4h50. Mais c’était sans compter les 4 km « bonus » (mon compteur annonce 184km) et je pose le vélo en 4h51’54s. On va pas se plaindre quand même : 37,8 km/h de moyenne à Hawaï, je ne suis pas prêt de rééditer.

Premières foulées dans le parc… c’est boooonnnn ça : j’ai des jambes et mal nulle part, mis à part des lombaires un peu tendues… Y’a moyen de « faire un truc » 

Transition 2 propre en 2mn46.

Marathon

Premiers km en souplesse car la course va être longue. Elle commence vraiment au bout de 15 bornes, après la montée de Palani Road. Les 7 premiers km sont un peu raides, je recherche du confort sans vraiment le trouver. Puis tout rentre dans l’ordre progressivement. Je me cale sur un rythme de 7mn / mile, soit entre 4’20 et 4’25 /km (environ 13.5 km/h). L’allure est cool mais la température bien moins car la machine chauffe, voire sur-chauffe… Il doit faire un bon 35°. A grands maux les grands remèdes : glaçons dans la casquette, dans le dos, et…. dans le cuissard ! Ca fait tout drôle et je ne rééditerai pas l’expérience. Je croise Manu, puis Fafa sur le retour d’Ali’i drive. On s’encourage mutuellement.

Montée de Palani Road en très petite foulée et à vitesse minimale… plus doucement tu tombes  … mais je ne veux pas forcer. La moyenne en prend un coup… Puis virage à gauche et c’est parti pour l’aller-retour à Energy Lab. Il reste environ 27 bornes. Comme en 2008, c’est le moment de vérité. « Serrer les dents et envoyer », « serrer les dents et accélérer » (dixit Tonio)… car le retour passera tout seul, l’odeur de l’écurie aidant…

Je rattrape des gars, leur propose de courir à deux en prise de relais, mais apparemment je vais trop vite pour eux… Ca fait plaisir… même si je me retrouve tout seul. Entrée dans Energy Lab. Je lâche la cavalerie dans le faux plat descendant et allonge la foulée. Un peu trop malheureusement et je le paie dans la remontée. Aie ! Allez, on serre les dents… Sortie d’Energy Lab, le parcours redevient plat… et ça repart. Je croise Manu, puis Fafa qui n’est pas si loin. Mes deux amis vont également faire péter le chrono. Super content pour eux.

Comme à mon habitude, j’occupe ma fin de course avec mes « crash cases » ou « scénarii catastrophes ». Ca donne ça : « allez JB, ça fait 8h17 que tu cours et tu es au km 30. Il te reste 12 bornes. Même si tu ralentis à 12 km/h, tu boucleras en 9h17 ce qui est déjà un temps extraordinaire. Tu as déjà gagné, alors continue et fais encore mieux ! » etc… km après km… mile après mile… Je grapille les secondes, je grapille des minutes...

Le retour passe très rapidement comme Tonio l’avait prédit.

Dernière bosse, dernier feu rouge sur la Queen Ka’, virage à droite, et je déboule sur Palani road à grandes enjambées. Que la descente fait mal aux cannes ! Mais c’est la fin, il reste un poil plus d’un km. Le public se fait plus nombreux au fur et à mesure que je me rapproche d’Ali’i drive. Plus que 200m… j’exhulte, serre les points rageur. Mahée et Anne-Laure me font signe. Je m’arrête et me fais doubler par trois... quatre... cinq coureurs, mais tant pis : je serre ma puce dans mes bras. Que c’est bon ! Il reste 200m que j’avale en volant. J’aurais aimé qu’ils fassent 200km... car cette course est passée bien trop vite ! JB-cap.JPG

3h12mn37s pour le marathon. Facile à dire à posteriori, mais je sais que j’ai les moyens de progresser encore.

 77ème au scratch en 9h11mn56s. 43ème amateur. 17ème de ma catégorie (M30-34)

5ème français.

Bravo à Manu et Fafa qui remplissent également leur objectif de belle manière en 9h48 et 10h12.

Merci à ma famille sans qui je n’aurais pas pu réaliser cette belle saison 2011 même si elle n’a compté que trois courses (Championnats de France, Europe, Monde). D’un commun accord, 2012 sera « off ». Mais je reviendrai. Un jour…

 

 

Par hawai2011 - Publié dans : La course
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 06:34

Février 2010 – Vue ma mine décomposée, le chirurgien qui m’a opéré, m’avait dit : «  ne vous inquiétez pas, il y aura une deuxième vie pour votre genoux. Il avait raison et la devise de l’Ironman se vérifie : Anything is possible ».

8 Octobre 2011, 5h30 - Me voici au marquage, avec mes potes Manu et JB, pour vivre à nouveau cette course mythique qu’est le triathlon d’Hawaï. Tout est en place, vérifié et revérifié. Repérage de l’emplacement vélo et des chemins à accomplir aux différentes transitions.

6h30, départ des pros pendant que je retrouve par hasard mon ami Japonais Tac. Nous nous encourageons mutuellement. Je réalise la chance que j’ai de participer pour la 3ème fois au triathlon d’Hawaï et j’ai une pensé pour les copains derrière leurs ordis et qui vont suivre le live.

Aujourd’hui encore, la houle est présente. Je descends avec la horde des bonnets bleus et roses vers la minuscule plage du Pier, pour la mise à l’eau. Un grand nombre de concurrents sont déjà en place sur la ligne de départ. Je préfère ne pas me mettre à l’eau trop tôt. J’y resterai bien suffisamment longtemps . Un petit crochet sous le Pier, pour saluer nos fidèles supportrices et je vais me placer sur la gauche, dans la meute, pour une séance de surplace en attendant le coup de canon libérateur.

7h, c’est partie pour 3800m qui vont me sembler interminables. Dans cette houle et ce clapot je ne suis vraiment pas à l’aise pour nager efficacement. Je ne cherche pas à me battre avec l’eau, mon objectif est de sortir le moins entamé possible. Il y a un moment magique sur le retour, où je croise une douzaine de dauphins à quelques mètres de profondeur. Je sors enfin de l’eau et je jette un œil sur le chrono, 1h17m, c’est 7mn de plus que mes prévisions. C’est mon plus mauvais temps sur Ironman. Je suis à la 1262ème place au scratch et 129ème de ma catégorie .

T1, J’attrape mon sac. Sous la tente de transition c’est une véritable cohue. Il y a 2 cm d’eau au sol et plus de place pour se changer. J’enfile mon singlet, et je quitte la tente, chaussettes et chaussures à la main pour trouver un coin tranquille et sec. Le parc s’étant bien vidé… je fais mes petites affaires près de mon vélo !

C’est encore la cohue à la sortie du parc, comme d’habitude, ça zigzag pour enfiler les chaussures et je fais hyper gaffe pour remonter rapidement beaucoup de concurrents de niveau très différents. Pendant une trentaine de Km, la densité de vélo  est vraiment importante et nécessite beaucoup de concentration pour anticiper tout incident. Je vois 2 triathlètes qui ont chuté après s’être accrochés. Des bidons traversent la route, c’est la foire ! Pour continuer à remonter, je shunte les 2 premiers ravitaillements en utilisant mes ravitos perso.

A partir du 30ème km, le niveau devient homogène, mais quelques groupes se forment sans vraiment respecter les 7m réglementaires. Je commence à voir les 1er arbitres à partir du 50ème Km. Ca n’est pas trop tôt, le  vélo devient enfin agréable.  Dans chaque pénality box, il y a au moins un concurrent qui purge ces 4mn de pénalité.  Les arbitres semblent faire leur travaille. La chaleur est tout à fait supportable et un vent latérale soutenu, en rafale fait son apparition juste avant la monté d’Hawi. Mon timer bipe toutes les 8 mn et me rappelle  qu’ici une bonne gestion de l’alimentation est primordiale. Les bénévoles, sont toujours aussi efficaces pour nous tendre des bidons, bananes, barres énergétiques et gels. A chaque ravito, j’adopte le même scénario: d’abord une bouteille d’eau dont je bois quelques gorgées et je m’asperge avec le reste, ensuite j’attrape une demi banane ou une barre puis un bidon de boisson énergétique. J’ai une baisse de régime entre le 150ème et le 160ème km, je ralenti un peu l’allure et je m’alimente en vue du marathon. Le vent n’est pas très violent, la pêche revient et je fini sur un bon rythme, confient pour le marathon.

Ouf, j’ai remonté 560 places et me retrouve 702ème au scratch et 71ème de ma catégorie ! 

 J’effectue la 2ème transition très sereinement. C’est beaucoup plus calme dans la tente, je prends même le temps de demander de la crème solaire qu’un bénévole m’applique pendant que j’enfile mes chaussures.

C’est parti, l’objectif étant de courir en aisance, sans regarder le chrono, pendant quelques km. Au 3ème mile, une escale technique s’impose… 

Je croise JB sur Ali drive avec une très belle allure. On s’encourage mutuellement. Je croise ensuite Manu qui semble à l’aise, on se claque dans la main. Au bout d’Ali drive je fais un pointage qui me permet de localiser Jean Michel. J’ai 8mn d’avance. Il devrait revenir sur moi.

La chaleur ne me semble pas écrasante par rapport à mes courses de 2002 et 2004, cependant, à chaque ravito, je rempli un sac plastique de glaçons pour me rafraichir jusqu’au suivant.  En effet, chose peu banale, il y a des glaçons à chaque ravito! Cette astuce me permet de ne pas monter en température. Sur le retour d’Ali Drive, je fais un petit bout de route sympa avec quelques Frenchy : Arnaud, Samuel et Eric. Au pied de Palani Road je laisse filer Samuel, car j’ai choisi de marcher dans les portions les plus raides.  

Avec la sortie de Palani Road se termine la zone des supporters enthousiastes. Fini les « looking good » et autres « good Job ». J’attaque le Highway et la solitude du marathonien livré au bitume brulant. J’ai de bonnes sensations et profite du spectacle du retour des pros. Il faut malgré tout rester bien concentré sur cet aller et retour jusqu’à « Energy Lab », en se projetant de ravitaillement en ravitaillement. J’aime ce parcours en une seule boucle, en aller-retour, qui permet de se situer facilement par rapport aux autres concurrents et de voir le retour des pros. Je croise Chrissie qui va bientôt en terminer. Sur cette portion, elle n’affiche pas son légendaire sourire. Je comprends rapidement pourquoi lorsque je croise 2mn derrière elle, Mirinda Carfrae. Un peu plus loin je croise JB tellement concentré qu’il semble ne pas m’entendre. Il est parti pour une grosse perf. J’entame la descente vers « Energy Lab » et je croise Manu serein.

Au demi-tour à Energy Lab, il reste 14 km. Je fais un nouveau pointage avec Jean Michel, il est à 4mn. Motivation supplémentaire pour ne rien lâcher. La chaleur me semble vraiment étouffante dans la remonté d’Energy Lab.  J’attaque le retour vers Kona sur le Highway, ça commence à sentir bon, le soleil est encore haut et je devrais franchir la ligne de jour cette fois-ci ;-). Arrive enfin la dernière bosse avant de basculer sur Kona, je me retourne, pas de Jean Michel. La fin du parcours étant principalement descendant, il ne reviendra plus. Dans la descente de Palani je me fais flasher par Thierry Soubier, photographe de Tri-online, qui court à côté de moi avec tout son matos. Il cavale depuis ce matin, il doit être mort ! Retour sur Ali drive où je profite de l’ambiance, claque quelques mains, double encore quelques concurrents et m’offre une « Welchy » (finish à la Greg Welch…) .

Je suis HEUREUX d’avoir vécu cette course pleinement, à mon niveau, m’offrant mon meilleur temps marathon sur distance Ironman, 3h36. J’ai remonté 121 places pour terminer 581 au scratch et 57ème sur 200 dans ma catégorie M 45-49.

Jean Michel en termine et nous échangeons nos premières impressions. Il est super heureux d’avoir bouclé son 1er Hawaï. Je retrouve JB et Manu qui ont fait des supers temps. Nous sommes tous les 3 satisfaits de notre course et il ne nous reste plus qu’à partager ce moment de bonheur.

L’heure est maintenant au repos après une saison2011 bien remplie. J’espère que cette aventure servira de déclic, à ceux qui sont près à se lancer sur le triathlon (Hein Alec ??!!) et sur distance Ironman (Didier, Stéphanie, Benji, Jojo…et les autres !) A bientôt à la piscine pour réapprendre à nager ;-)

A-la-votre.JPG

 

La-bande.JPG

 

 

Par hawai2011 - Publié dans : La course
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 11:07

Les garçons n'ont pas encore trouvé les mots, alors, en attendant leurs récits, voici les photos et le film

  

 

JB

 

 

 Manu

 

 

 Fabrice

 

Swim:

 1:02:10

 

 Swim:

  1:06:36

 

 Swim:

 1:17:07

Bike:

 4:51:54

 

 Bike:

 5:13:49

 

 Bike:

 5:12:58

Run:

 3:12:37

 

 Run:

 3:21:29

 

 Run:

 3:36:23

 Overall:

 9:11:56

 

 Overall:

 9:48:43

 

 Overall:

 10:12:58

 

 Ne ratez pas les supers photos de course de Thierry sur Online Tri   

En bonus, la course de Fabrice vu par Toto

dessin Toto 

Par hawai2011 - Publié dans : La course
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